Bilan à mi-mandat, fin 2011, de la municipalité de Versailles

L’équipe municipale a présenté un « panorama à mi-parcours » dans le magazine de Versailles de septembre 2011.Ce panorama est particulièrement flatteur quant au fond et ampoulé dans la forme.

Notre analyse n’est pas exhaustive et ne compare pas systématiquement le programme de 2008, le panorama présenté et la réalité perçue : nous formulons le plus objectivement possible les remarques qui nous semblent les plus importantes que viennent compléter les articles de ce numéro.

1 – Le programme de 2008 faisait du développement économique la priorité pour permettre une politique sociale ambitieuse tout en limitant les impôts.Jusqu’à maintenant, les projets porteurs de développement n’ont pas vu le jour.

  • Le projet des Chantiers – et c’est heureux – a été repensé : architecture, suppression du centre commercial et du cinéma multiplexe.Il revient moins cher de 20M€ à la Ville, mais il a pris du retard et surtout il est sous la menace d’un contentieux ouvert par le promoteur Nexity.Seuls les accès de la porte de Buc et le passage des étangs Gobert ont été ouverts.Seul le début des travaux du pôle multimodal est annoncé.
  • Le projet Pion commence à se débloquer avec l’achat des casernes par l’Etablissement Public foncier des Yvelines qui le revendra à la ville en terrain nu et dépollué.
  • Après l’échec du transfert de Rolland-Garros, les terrains des Mortemets et des Matelots, aujourd’hui des friches indignes du Château, sont reclassés, dans le PLU révisé, respectivement comme un espace paysager et comme un quartier tertiaire près de la gare et des espaces évènementiels et sportifs respectant les contraintes du Château avec préservation des espaces naturels.
  • Quant à Satory, les études se succèdent depuis dix ans sans avancée significative en raison de la nécessaire dépollution et du manque de volonté politique de tous les acteurs bien que ce soit le deuxième pôle de développement de l’Opération d’intérêt national OIN de Paris Saclay.
  • Pour la friche Richaud, la Ville a trouvé une vocation de logements majoritairement hauts de gamme mais au prix de la privatisation d’un patrimoine historique.La ville y gagne cependant des logements sociaux, des jardins et un lieu d’exposition.
  • Mov’eoTec, Fondation rassemblant de grosses entreprises comme Renault, Peugeot ou Valeo et l’Université de Versailles, porte le gros projet de recherche VeDeCom (Véhicule Décarboné Communicant) d’un coût d’environ 450M€ (dont plus de 50% pour les entreprises) : après plusieurs négociations en deux ans, on espère que l’Etat retiendra le projet et le subventionnera en 2012.Le rôle qu’y jouent Versailles ou VGP y est marginal (avant son installation possible à Satory).
  • « Le Vivant et La Ville » est l’avatar du projet de pôle de compétitivité qui associait la ville mais qui n’a pas été retenu.Ce n’est plus aujourd’hui qu’une « grappe » d’entreprises (PME pour la plupart) qui cherche à monter ensemble des projets et à en assurer le bouclage financier grâce aux subventions de recherche.
  • L’arrivée de l’entreprise Blizzard est bienvenue.
  • La « Cour des Senteurs » est un beau projet qui devrait débuter rapidement.

2 – En l’absence d’investissements dans des grosses opérations, la dette n’augmente pas et les impôts sont contenus mais certaines dépenses sont reportées, avec les délégations correspondantes, sur les comptes de VGP et sur les impôts intercommunaux qui augmentent sensiblement.

3 – Le passage en Communauté d’agglomération s’est bien passé notamment en ce qui concerne le changement de la représentation des communes, et Versailles a réussi à faire adopter comme projets communautaires notamment les coûteuses écoles de musique et la pépinière d’entreprises de Moser à la réussite encore incertaine.

4 – La Ville a soutenu le tourisme et les commerces locaux mais le bilan net des créations et des fermetures est inconnu pour ces derniers.

5 – En matière sociale, l’engagement pour les logements sociaux est maintenu mais il ne faudrait pas se limiter à des logements étudiants plus faciles à réaliser au détriment des logements familiaux même si les premiers manquent beaucoup (1 logement étudiant = 1 appartement familial dans le bilan des logements sociaux).Pour les crèches, le déficit de places augmente et la ville se décharge sur les crèches privées qui ne sont pas accessibles à tous.

6 – L’effort architectural est très appréciable mais il ne faudrait pas qu’il grève les budgets.Le développement culturel est aussi très apprécié.Architecture et culture tiennent d’ailleurs une place très importante dans le panorama.Regrettons encore que les tarifs de l’Université Inter Ages soient les seuls tarifs municipaux sans modulation selon les ressources alors même que le service est bénéficiaire.

7 – La prise en compte de l’environnement est notable (Zéro phyto, nouveaux jardins, troisième fleur attribuée à la ville).

8 – Les circulations douces ont connu un développement important (restauration de certains trottoirs, pistes et doubles sens cyclables, zones 30…) et la commission extra-municipale marche bien.

9 – L’information a considérablement augmenté sous toutes ses formes pour mettre en exergue les actions de la municipalité comme en témoigne le panorama de mi-mandat.

10 – Enfin les conseils de quartier fonctionnent plus ou moins bien selon les quartiers mais l’information descendante y est encore prépondérante et le panorama les considère d’ailleurs comme un des canaux d’information.

Globalement le panorama s’étale sur 56 pages (y compris la couverture et l’éditorial du maire), soit 61% des pages du numéro et l’équivalent d’un numéro normal.Le « parti pris » d’utiliser l’image – environ 200 – amplifie les messages car on sait le poids de l’iconographie.Certains projets sont représentés plusieurs fois sous des angles différents : Richaud 4 fois, la Cour des Senteurs 3 fois et le passage Gobert 2 fois ; d’autres pas du tout (Pion, Satory, Matelots et Mortemets).

Les images présentent des réalisations effectives (gymnase Richard Mique), des projets en cours (Richaud) et des projets potentiels (Satory).

Certains projets ne relèvent pas (ou plus) de l’action de Versailles (Conservatoire, Pépinière, dotations de l’Etat multipliées par 10 pour VGP…), ni même de Versailles Grand Parc (le laboratoire d’excellence Patrima).Certains projets présentent des aspects négatifs à côté des aspects positifs qui sont présentés : fermetures d’entreprises et de commerces à côté des créations, menace de contentieux par Nexity aux Chantiers, privatisation de services qui seront ou risqueront de devenir inaccessibles (crèches) ou trop coûteux (maison de retraite Borgnis Desbordes).

Certaines actions correspondent à des moyens mis en jeu mais dont on ne connaît pas les résultats (soutien au commerce de proximité, propreté…).Enfin certains travaux sont des travaux d’entretien courant ou de gros entretien (équipements sportifs …) qui relèvent des missions habituelles de la Ville.